BIM  : travail collaboratif ou contreproductif ?

BIM  : travail collaboratif ou contreproductif ?

Arrêtons d’être consensuel

Soyons honnêtes le BIM aujourd’hui est loin de tenir ses promesses. Ce bel avenir de projets moins coûteux, moins risqués et adaptés à leur usage est compromis par des professions qui restent ancrées dans leurs habitudes de travail, avec d’anciennes procédures, malgré tout l’intérêt qu’elles trouvent à travailler avec une maquette numérique.

Mais comment sortir de ces procédures obsolètes installées depuis si longtemps dans chaque discipline ? Comment sortir de ce travail en silo et séquentiel imposé par des contrats et des codes juridiques qui interdisent le partage de l’information en raison de problèmes de responsabilité et de litiges ? Comment arrêter ce gâchis contreproductif de maquettes et de données ? 

Mariage arrangé ou mariage d’amour

Les différentes disciplines doivent travailler avec des règles communes et de manière collective plutôt que chacune de leur côté – voire les unes contre les autres. Imposer le BIM dans un contexte de défiance, C’est l’assurance d’un processus contre-productif ( surproduction, doublons, confusion, …). Les effets bénéfiques viendront quand chacun aura répondu à ce fameux « qu’est-ce que j’y gagne » (What’s In for Me ?) et compris que ce gain n’est pas direct mais bien une part d’un gain mutuel (livraison sans réserve dans les délais par exemple)

Il s’agit de construire une culture et des références communes pour qu’une collaboration soit fructueuse, sincère et sereine. Et cela va prendre du temps – de la même manière qu’il faut travailler plusieurs années avec les mêmes personnes pour collaborer avec elles en toute confiance.

Une double révolution doit se faire : numérique et juridique

Nous sommes dans une société de droits individuels et le BIM demande d’insérer du droit « commun » pour mieux travailler collectivement. Une illustration intéressante par l’assurance : là où en France nous avons la Dommage Ouvrage qui n’est qu’une assurance ‘tampon’ le temps d’activer les assurances individuelles, nos amis Britanniques vont plus loin et expérimentent l’IPI (Integrated Project Insurance ) : une assurance Projet collective.

Plus qu’une transition numérique, déjà bien en place dans la filière du bâtiment, c’est une mutation juridique de tous les métiers qui doit s’opérer pour travailler ensemble et partager les données en toute légitimité dans un projet commun.

Technologie de confiance au cœur de la collaboration métier

En attendant cette double révolution numérique et juridique, la mise en place d’un BIM management via un protocole d’échange et des outils de partages de données ne sera pas suffisant pour protéger et légitimer les contributions de chacun sur un ouvrage collectif. Il faut trouver un support technologique qui permette facilement à chacun de s’engager et se protéger : la Blockchain est le meilleur candidat.

 

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